Informations vérifiées en septembre 2026. Cet article donne des informations générales : en cas d’urgence, appelez les secours.
Quand on parle de soumission chimique, on pense souvent à une seule substance. Les données de l’enquête nationale de l’ANSM, coordonnée par le centre d’addictovigilance de Paris, montrent une réalité plus large. Voici ce qu’elles disent pour 2024.
Soumission chimique ou vulnérabilité chimique ?
- La soumission chimique est l’administration de substances psychoactives à l’insu de la victime, ou sous la menace, à des fins criminelles (viols, actes pédocriminels) ou délictuelles (violences, vols).
- La vulnérabilité chimique désigne l’état de fragilité d’une personne qui a consommé volontairement des substances psychoactives, ce qui la rend plus vulnérable à un acte délictuel ou criminel.
Ces deux situations forment ensemble les agressions facilitées par les substances (AFS).
Les chiffres de l’enquête 2024
| Catégorie | Nombre de cas | Part |
|---|---|---|
| Soumissions chimiques possibles | 905 | 66 % |
| Soumissions chimiques vraisemblables | 140 | 10 % |
| Vulnérabilités chimiques | 332 | 24 % |
| Total des signalements suspects | 1 377 |
Les signalements suspects ont augmenté de 30,4 % par rapport à 2023. Cette hausse est à mettre en perspective avec trois événements : le lancement de la mission gouvernementale sur la soumission chimique, l’ouverture du procès des viols de Mazan et la création du CRAFS. Elle s’accompagne d’une hausse des signalements de faits anciens, liée à la libération de la parole. Ces chiffres mesurent des signalements, pas le nombre réel de victimes.
Les substances en cause
- Les médicaments sédatifs restent les plus fréquemment mentionnés (59,6 % des mentions dans les soumissions vraisemblables). Le Cespharm cite les benzodiazépines, les hypnotiques, les neuroleptiques et les antihistaminiques. L’ANSM place en tête le bromazépam, l’hydroxyzine, la zopiclone et le tramadol.
- Les substances non médicamenteuses représentent 40,4 % des mentions. Les stimulants sont en tête, dont la MDMA, qui reste le principal agent de soumission chimique pour la quatrième année consécutive. De nouveaux produits de synthèse apparaissent aussi.
- Dans la vulnérabilité chimique, l’alcool arrive en tête, devant le cannabis. Le protoxyde d’azote est également impliqué. Ces consommations sont volontaires, et surviennent principalement en milieu festif.
Comment cela se passe
Dans les soumissions vraisemblables, l’administration a lieu majoritairement dans un cadre privé (53,6 % des cas renseignés), et les auteurs sont souvent connus des victimes (75,7 % des cas renseignés). Chez les adultes, la boisson alcoolisée est le principal vecteur suspecté (44,8 %), devant les boissons non alcoolisées, les aliments et les joints.
Toutes agressions facilitées par les substances confondues, les victimes sont à 85,5 % des femmes, les violences sexuelles sont les principales infractions (68,3 %) et les agresseurs sont connus des victimes dans 57,9 % des cas renseignés.
Ce que cela change pour la prévention
L’ANSM insiste sur la vigilance solidaire : amis jamais perdus de vue, intervention des équipes de sécurité, entraide. Elle relève aussi des réflexes protecteurs des victimes : écouter son doute, s’extraire de la zone de danger, appeler à l’aide.
Garder son verre sous les yeux reste utile, mais la menace ne se limite ni à un verre, ni à un lieu de fête. Voir nos conseils de vigilance et notre comparatif Protège-verre : chouchou, capote ou protège-verre en tissu.
En cas de doute
Ne restez pas seul et gardez le verre. Appelez le 15 ou le 112 au moindre signe grave. Le CRAFS propose un téléconseil confidentiel au 01 40 05 42 70. Notre article Comment réagir en cas de suspicion de soumission chimique détaille la marche à suivre, et Signes d’une soumission chimique les indices à repérer.
Substances utilisées en soumission chimique : les repères à retenir
- Les médicaments sédatifs sont les substances les plus mentionnées, devant les stimulants comme la MDMA.
- L’alcool et le cannabis dominent dans la vulnérabilité chimique.
- L’agresseur est souvent connu de la victime, et le cadre est souvent privé.
- La vigilance solidaire est le principal facteur protecteur.

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