Informations vérifiées en septembre 2026. Cet article donne des informations générales et ne remplace ni un avis juridique, ni une formation.
Un client qui se sent mal dans votre établissement, un verre suspect, une personne qui ne comprend pas son état : ces situations demandent des réflexes clairs, connus de toute l’équipe. Prévenir vaut mieux que réagir, pour vos clients comme pour votre établissement. Voici trois axes concrets : équiper, former, organiser la procédure.
Pourquoi les établissements sont concernés
D’après l’enquête nationale de l’ANSM sur 2024, les agressions facilitées par les substances surviennent majoritairement dans la sphère festive (56,5 % des cas renseignés). Pour la vulnérabilité chimique, c’est-à-dire la consommation volontaire, 69,7 % des cas renseignés ont lieu en milieu festif. Chez les adultes, la boisson alcoolisée est le principal vecteur suspecté dans les soumissions chimiques vraisemblables.
Sur le plan légal, administrer une substance à l’insu d’une personne pour commettre un viol ou une agression sexuelle est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende (article 222-30-1 du Code pénal), et c’est une circonstance aggravante de ces infractions.
Former son équipe
Un dépliant de la préfecture du Haut-Rhin destiné aux établissements liste ce que l’on peut mettre en place. Ce guide en reprend l’essentiel.
- Sensibiliser l’équipe aux risques, avec les ressources de drogues.gouv.fr, et solliciter au besoin la police, la gendarmerie ou des spécialistes en addictologie, que l’on peut localiser via Drogues Info Service.
- Se former au permis d’exploitation et sensibiliser les salariés à la lutte contre les consommations à risque d’alcool.
- Repérer les comportements anormaux : signes d’ivresse, somnolence, nausées, vertiges, étourdissements, vomissements, et la présence de fioles, de seringues ou de poudres. Tout comportement suspect doit être signalé au responsable.
- Surveiller les zones isolées (toilettes, extérieurs privés) et les personnes en état d’ivresse qui quittent l’établissement.
- Définir qui fait quoi : qui s’occupe de la personne, qui appelle les secours, qui prévient l’entourage, qui note l’incident. Un rôle clair évite les hésitations.
Des associations proposent aussi des formations : par exemple, l’association Consentis a annoncé former des employés d’établissements de nuit à mieux réagir face aux violences sexuelles, y compris à la prise en charge de victimes présumées de soumission chimique.
Équiper l’établissement
- Des protections de verre. Protect Your Glass propose des protections personnalisables aux couleurs de votre établissement : un chouchou, une capote de verre en silicone qui s’ajuste aux verres à pied, aux Ecocup et aux verres tumbler, et un protège-verre en tissu au format porte-clés. Elles sont réutilisables et lavables. Deux formules : à l’achat, avec la possibilité de mettre en place un système de consigne ou de les offrir, ou en location, avec livraison avant l’événement, dépôt en point relais après, sans stock ni lavage à gérer. Elles complètent la vigilance sans la remplacer et ne garantissent pas, à elles seules, qu’une boisson est sûre.
- Des messages de prévention visibles : affichage, sets de table, sous-verres, menu et carte des consommations peuvent relayer des messages de prévention.
- Pas de kits de détection. Un dépliant de 2022 évoquait encore des dispositifs de détection de substances. Depuis, la mission parlementaire remise en mai 2025 alerte sur les outils de détection en vente libre, qui ne présentent aucune garantie de fiabilité : voir notre article Bracelets, bandelettes et pailles de détection : peut-on s’y fier ?
Pour comparer les solutions, voir Protège-verre : chouchou, capote ou protège-verre en tissu. Les particuliers peuvent aussi consulter la collection de Protect Your Glass.
Rejoindre le dispositif « Demandez Angela »
Le dispositif « Demandez Angela » vise à créer un réseau sûr et solidaire de lieux (bars, hôtels, commerces) capables d’assister les personnes qui se trouvent en situation de harcèlement. En devenant partenaire, l’établissement s’engage à respecter trois principes :
- Assistance : accueillir et soutenir la personne, sans jugement ;
- Information : sensibiliser son équipe ;
- Communication : afficher sa participation de manière visible et durable.
Le dispositif suppose aussi de ne tolérer, sous aucune forme, des comportements discriminatoires dans son établissement. La charte est publiée sur le site du dispositif, et des collectivités ou syndicats professionnels (comme une UMIH locale) le déploient dans leur territoire : renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre syndicat. Le contact national indiqué dans la charte est angela@pm.gouv.fr. Voir la page officielle.
La procédure en cas de malaise ou de soupçon
Le dépliant de la préfecture du Haut-Rhin décrit deux cas :
En cas de malaise ou d’effets indésirables
- Accompagner la personne à l’écart, assurer sa protection et ne pas la laisser seule.
- Si elle est consciente, l’interroger sur les raisons de son état.
- Si elle est en état de rentrer, la faire raccompagner par un proche présent, ou lui demander de prévenir un proche. Si son état le permet, un taxi est possible.
- Si elle a des maux de tête, des vertiges, des nausées ou vomissements, ou si elle est inconsciente, appeler sans tarder les secours : le 15 (Samu) ou le 112.
Si la personne déclare avoir été agressée ou ne comprend pas son état
- L’isoler et ne pas la laisser seule.
- Conserver si possible la boisson consommée ou les verres vides.
- Appeler la police ou la gendarmerie (17), et les secours (15) en cas de nécessité.
Deux compléments de ce guide : si la personne est inconsciente mais respire, la mettre en position latérale de sécurité (pas à pas de la Croix-Rouge), et lui donner le numéro du CRAFS (01 40 05 42 70). Ne laissez jamais partir seule avec un inconnu une personne qui n’est pas en état.
Notez ensuite l’incident dans un registre (heure, lieu, personnes présentes, décisions prises) : c’est utile pour l’équipe et pour d’éventuelles suites. Notre article Comment réagir en cas de suspicion de soumission chimique détaille ce qui se passe côté victime.
Communiquer auprès des clients
Afficher sa démarche rassure les clients et dissuade ceux qui voudraient passer à l’acte. Un bar québécois qui a mis en place un plan de prévention explique que le but est de montrer que le personnel est formé et la clientèle consciente : la prévention est une responsabilité de l’établissement, pas seulement du client. Concrètement : le sticker Angela visible, des messages de prévention en salle, et une équipe qui sait réagir.
Checklist de l’établissement
| Avant l’ouverture | Pendant le service | Après un incident |
|---|---|---|
| Équipe sensibilisée, rôles définis | Protections de verre proposées, messages visibles | Personne accompagnée, jamais laissée seule |
| Dispositif Angela : adhésion et sticker | Attention aux zones isolées et aux départs en état d’ivresse | Verre ou boisson conservé si possible |
| Numéros affichés : 15, 17, 112, CRAFS | Comportements suspects signalés au responsable | Incident noté dans un registre |
Bars et clubs : les repères à retenir
- Former l’équipe, c’est la mesure la plus efficace : tout le monde doit savoir quoi faire.
- Les protections de verre complètent la vigilance sans la remplacer, et les kits de détection ne sont pas fiables.
- Angela affiche votre engagement et donne un cadre d’accueil.
- La procédure tient en quatre gestes : protéger, ne pas laisser seul, appeler les secours, garder le verre.
Pour aller plus loin, voir notre guide complet de la sécurité en soirée, notre article Prévention en soirée : qui sont les acteurs clés ? et notre guide pour organiser une soirée étudiante responsable.

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